Sanctuaire des Grottes de Saint Antoine

Homélies des dimanches

Homélie du 26 janvier 2020 – 3e dimanche A – Dimanche de la Parole de Dieu – Fr. Jean Damascène

Homélie du dimanche 19 janvier 2020 – 2e dimanche A – Pasteure Elisabeth Brinkman

Homélie du 12 janvier 2020 – Baptême du Seigneur A – Fr. Henri


Dimanche dernier, nous étions à Bethléem en compagnie des mages. À travers eux, les mages, Jésus était manifesté au monde païen et à tous les chercheurs de Dieu. Aujourd’hui, nous sommes trente ans plus tard pour fêter une autre Épiphanie, celle qui a eu lieu au cours du baptême de Jésus par Jean. Si le baptême de Jésus est aussi comme une épiphanie, c’est bien parce que, lors de ce baptême, Jésus est véritablement révélé, manifesté à Jean Baptiste, à ses disciples, ainsi qu’à la foule.
 
En fait, cette « manifestation », cette « révélation » de Jésus à nos vies était préparée et annoncée de longue date. C’est la raison pour laquelle l’Église nous fait entendre aujourd’hui la lecture du prophète Isaïe qui déjà annonce que le Messie, celui qu’il appelle le « serviteur », ouvrira les yeux des aveugles, rendra la liberté aux opprimés et fera alliance avec son peuple… et tout cela, ajoute Isaïe, se fera dans la « fermeté et la douceur ». C’est là, pour nous, un conseil important.  En effet, si nous sommes ici dans cette église, c’est pour nourrir en nous le témoignage d’un Dieu Serviteur de nos vies. Ce témoignage de notre part ne peut effectivement se faire que dans la « fermeté » de la foi et la « douceur » de l’annonce. Autrement dit, ce témoigne, pour être reçu, exige de chacun de nous de garder fermement le contenu de la foi et, inséparablement, de témoigner par notre vie de cette bienveillance, proximité fraternelle et humilité que l’expérience de cette foi produit en nous et entre nous.
 
En nous faisant revivre le baptême de Jésus, l’Évangile nous confronte à une question majeure :  comment se fait-il que Celui qui n’a pas de péché à se faire pardonner ait besoin de repentir ? Jean lui-même reconnaît que Jésus n’avait pas besoin de ce baptême puisqu’il s’exclame : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi… » La réponse de Jésus à Jean a aussi de quoi nous laisser songeurs : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » A première audition, cette phrase est mystérieuse… et pourtant, elle est la clé de compréhension du baptême de Jésus. Tout d’abord, Jésus ne dit pas « je » mais « nous » ce qui laisse comprendre que le Père et l’Esprit-Saint sont à l’œuvre en lui lorsqu’il décide de recevoir ce baptême. Ensuite, Jésus nous dit que ce baptême est ce qui convient car, par lui, s’accomplit toute justice. Autrement dit, sachant que la seule justice de Dieu, c’est de nous ajuster à son amour, alors le geste de Jésus, le sens de son baptême, s’éclairent. De fait, le baptême de Jésus était absolument nécessaire, non pas pour Lui, bien-sûr, mais pour nous. En effet, ce que nous dit Jésus quand il affirme que dans son baptême s’accomplit toute justice, c’est qu’il est venu pour combler toute distance entre Dieu et nous. C’est pourquoi il n’hésite pas un seul instant à se mêler à la foule des pécheurs pour recevoir comme eux le baptême de Jean. S’il y a une Bonne nouvelle pour nous dans ce baptême de Jésus c’est bien celle-ci : Jésus, certes, est entièrement du côté de Dieu, mais il est aussi et inséparablement, entièrement de notre côté, du côté de l’homme. Au sens strict, Jésus, dans son baptême, a voulu être immergé, plongé, baptisé dans notre condition humaine. Il est entré dans l’eau du Jourdain pur de tout péché, il en est ressorti porteur de tout le péché du monde. Ce mal qui nous accable, il le prend sur lui pour nous en libérer. C’est la raison pour laquelle, lors de la célébration de la messe et juste avant la communion, j’aime bien annoncer clairement, non seulement « voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » mais, selon le texte latin lui-m^me, « voici l’Agneau de Dieu qui porte et enlève le péché du monde, qui tollis peccata mundi  ». Ceci est important car, avant d’enlever notre péché, le Seigneur le prend sur lui, ou comme le dit St Paul de façon lapidaire, « Jésus, lui qui est sans péché, s’est fait péché pour nous ».
 
Baptisés dans le Christ, nous sommes porteurs de cette Bonne Nouvelle de Dieu qui se fait l’un de nous afin que nous soyons tout en Lui. Soyons bien persuadés que l’Esprit de Dieu qui est descendu sur Jésus lors de son baptême est le même Esprit qui nous précède dans le cœur des non croyants, des mal croyants, des païens. C’est lui, Jésus, qui fait que sa Parole, dont nous sommes les messagers, porte du fruit. Dieu ne cesse d’agir au-delà des frontières visibles de son Église. C’est sans aucun doute le sens profond de l’expression forgée au Concile Vatican II lorsque ce dernier parle des « semences du Verbe de Dieu »présentes et agissantes dans le cœur des hommes. Ces semences dans le cœur de nos contemporains, des non croyants, sont comme en attente d’un regard, d’un geste, d’une parole qui leur révèle qu’en Jésus, le Père a mis tout son Amour…
 
Une tradition veut que dans certains pays, pour fêter le premier jour de l’année, on court se plonger dans l’eau froide d’un océan ou d’un lac. Nous, chrétiens, en ce jour du Baptême du Seigneur, nous sommes appelés aussi à courir et à nous plonger sans crainte et avec un grand désir, dans cet océan d’amour qui nous a été révélé lors du baptême du Seigneur. Avec Jésus, plus rien ne peut être comme avant. Il est celui qui a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu. C’est bien pour cela que, baptisés dans le Christ, nous sommes dans cette église, afin de communier à cet amour, d’en vivre et d’en faire vivre.  Amen
 
Église St Antoine de Brive
Dimanche du Baptême du Seigneur,
12 janvier 2020                                                    fr Henri Namur, ofm

Homélie du 5 janvier 2020 – Epiphanie du Seigneur – Fr. Jean Damascène

Homélie du 1er janvier 2020 – Marie Mère de Dieu – Fr. Henri


« Que le Seigneur te bénisse et te garde… Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! » C’est de cette manière que les prêtres invoquaient les bénédictions du Seigneur sur le peuple d’Israël ; c’est de la même manière que St François bénissait fr Léon et ses frères ; c’est de la même manière que Dieu, en son Fils et dans l’Esprit bénit chacune et chacun d’entre nous en ce premier jour de l’année consacré à la solennité de Marie Mère de Dieu. 
 
Cette bénédiction du Seigneur invoquée sur toutes les nations, nous la recevons en plénitude lorsque le Père lui-même envoie son Fils prendre chair de notre chair en Marie de Nazareth honorée à juste titre comme la Mère de Dieu.  Le Verbe fait chair est pour nous bénédiction du Père parce qu’en lui nous retrouvons le chemin de notre patrie du ciel. Par Jésus et dans le souffle de l’Esprit, le Père fait de nous, non plus des esclaves du péché, mais des fils et filles adoptifs, héritiers de sa vie qu’il nous appelle à partager : voilà l’œuvre de Dieu ! Cette œuvre-là, il faut à tout prix la retenir dans notre cœur, à l’instar de Marie qui « retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur ».
 
Au début de cette nouvelle année, hâtons-nous à la rencontre de Marie, mère de Dieu, pour apprendre auprès d’elle à accueillir la Parole de bénédiction que le Père prononce sur nous en son Fils fait chair. Apprenons de Marie à nous abandonner à l’amour miséricordieux ; de Marie, apprenons aussi à reconnaître le Verbe de Dieu fait chair non seulement dans l’enfant de la crèche mais aussi dans la contemplation de l’Eucharistie et dans l’écoute de la Parole.

C’est bien dans l’adoration eucharistique et dans la méditation de la Parole de Dieu que nous pouvons discerner la bénédiction de Dieu pour nous au travers des événements de notre quotidien. Ce sont là de belles résolutions et de saints vœux pour cette nouvelle année que de retenir et méditer tous les événements de notre quotidien à la lumière de l’Eucharistie et de la Parole de Dieu pour y découvrir la présence vivante
et vivifiante du Seigneur.
 
Autrefois, quand on parlait de la nouvelle année, on utilisait l’expression « an de grâce » Cela nous induit dans la compréhension que chaque année nous est donnée gracieusement, gratuitement pour nous laisser le temps de nous convertir. 2020 s’ouvre à nous comme une nouvelle année au cours de laquelle Dieu nous fera grâce, il continuera à se donner à nous gratuitement afin que nous naissions jour après jour à la plénitude de sa vie. Devant une telle grâce, prenons la pleine mesure de nos années et, surtout, prenons le temps de nous rassasier chaque jour du Pain de l’eucharistie et du Pain de la Parole de Dieu.
 
Demandons à la Vierge Marie, de nous accompagner sur notre chemin à la suite du Christ. Hâtons-nous sur ce chemin, courons d’un pas léger comme le dit Ste Claire à ses sœurs.  Que ce chemin nous fasse cheminer dans l’étonnement et dans la joie malgré les épreuves ! Que ce chemin devienne un chemin d’amour, pour nos proches et ceux qui sont loin, pour nos familles et nos voisins. Ce chemin est une personne dont Marie, sa mère, nous dit « faites tout ce qu’il vous dira »
 
Par l’Incarnation du Verbe, l’éternité de Dieu rejoint notre temps, notre histoire… En cette nouvelle année 2020, apprenons à notre tour à rejoindre l’éternité de Dieu, à accueillir sa Paix, cette paix que le monde ne peut pas donner…
 
 
En la solennité de Marie Mère de Dieu,
 
1er janvier 2020                                                          fr Henri Namur, ofm

Homélie du 5 janvier 2020 – Epiphanie du Seigneur – Fr. Jean Damascène

Homélie du 29 décembre 2019 – Fête de la Sainte Famille – Fr. David

Homélie du 25 décembre 2019 – Jour de Noël A – Fr. David

Homélie du 24 décembre 2019 – Nuit de Noël A – Fr. Henri

En cette sainte nuit, chers frères et sœurs, que la paix soit dans nos cœurs parce que Dieu nous aime. Il nous aime comme jamais quelqu’un n’a aimé sur cette terre ! Vous le savez bien, si nous pouvons dire que nous sommes sauvés, c’est bien parce que nous sommes aimés ! Dieu nous sauve en nous aimant et ce, malgré tout ce que nous lui faisons subir. C’est un peu comme dans nos familles humaines : ce sont les enfants les plus difficiles, fragiles ou malades qui requièrent de la part des parents le plus d’amour

Eh bien, ce « plus d’amour, voici qu’en cette nuit il nous est donné de façon étonnante dans la naissance de Jésus. Une naissance qui s’est faite au cœur de la nuit et qui est passée presque inaperçue…sauf pour les bergers. Ces bergers et ces petites gens qui furent enveloppés de la lumière et de la gloire du Seigneur et qui entendirent la parole de l’Ange, « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple ».  Les bergers font partie de ces petits et pauvres de cœurs à qui l’ange annonce en priorité la naissance de l’enfant. Face à la révélation d’un tel amour, on comprend que l’Ange de Dieu et une troupe céleste innombrable se soient mis à chanter la gloire de Dieu. Mais, ne nous y trompons pas ! Cette gloire de Dieu n’a rien à voir avec celle des hommes !

Arrêtons-nous un instant sur ce qu’est exactement cette gloire de Dieu qui nous est manifestée en cette nuit. En hébreu, la « gloire » c’est ce qui a du poids, c’est ce qui fait qu’une personne fait le poids ; la gloire de Dieu se vérifie dans le fait qu’on peut réellement compter sur Dieu ! Finalement, la gloire de Dieu, c’est sa présence parmi nous, c’est Dieu-avec-nous dans cet enfant de la crèche… Et cette gloire de Dieu rejaillit aussi sur nous ce soir car le Seigneur est avec nous…

  • À la crèche comme sur la croix ;
  • Dans l’Eucharistie comme dans les sacrements qui en découlent…,
  • Dans celles et ceux en qui il fait sa demeure…
  • Dans nos propres vies.

Cette gloire de Dieu trouve une résonance particulière en nos cœurs quand, à notre tour, nous sommes remplis de ce même Esprit-Saint qui, après avoir conçu en Marie l’enfant qui nous est né, est celui-là même qui ouvre nos yeux et notre cœur au grand mystère de l’humilité de Dieu manifesté à la crèche et sur la croix. C’est bien dans ce même Esprit Saint que nous pouvons mettre Dieu au monde en l’accueillant d’abord dans notre cœur et en devenant ainsi sacrements de son abaissement au service du relèvement des hommes ; C’est bien dans ce même Esprit Saint que nous devenons aussi Celui que nous recevons dans le sacrement de l’Eucharistie. C’est toujours dans ce même Esprit-Saint, grand artisan des œuvres de Dieu, que nous sommes revêtus, à notre tour, de la gloire de Dieu qui n’est autre que son amour, un amour qui l’emporte sur nos œuvres de mort, un amour dit tout entier dans cette crèche et qui ne demande qu’à se nicher au plus profond de nos cœurs et de nos vies.

Vous avez remarqué, c’est dans le silence d’une nuit profonde que cette gloire et cette paix sont chantées par les Anges, alors, soyons bien persuadés que c’est dans ce même silence, celui de l’adoration, que nous pouvons nous en laisser revêtir. Adorons donc !

  • Adorons, celui qui se cache dans l’humilité et la vulnérabilité d’un enfant,
  • Adorons donc, celui qui se donne à tous, sans exclusive,
  • Adorons, comme dit St François « Celui qui Chaque jour vient à nous, sous les dehors les plus humbles, Celui qui chaque jour descend du sein du Père sur l’autel entre les mains du prêtre »,
  • Adorons-le en creusant en nous un immense espace de pauvreté et d’humilité qu’il pourra habiter de sa plénitude de vie. …

Quelle source d’Espérance pour nous que cette nuit de Noël où Dieu se fait Dieu-avec-nous dans le dénuement et la dépendance d’un enfant.  Comment avoir peur d’un tel Dieu ? Dans sa manière de naître et de vivre parmi nous, Jésus nous apprend quelque chose d’essentiel, à savoir que tout projet qui en nous vient de lui, se poursuit de la même façon sans bruit, loin des projecteurs, comme la germination du grain jeté en terre ou le levain jeté dans la pâte… C’est pourquoi, ensemble,

  • Demandons la grâce d’un cœur qui veille… pour discerner la gloire de Dieu à l’œuvre au creux des cahots de notre monde et ceux de nos histoires personnelles !
  • Demandons la grâce d’un cœur qui veille… pour apercevoir l’étoile qui indique le chemin de Celui en qui nos nuits deviennent comme le jour…
  • Demandons la grâce d’un cœur qui veille… pour que nos visages s’illuminent de cette lumière plus forte que les ténèbres de la Passion, lumière douce et intime au jour de Noël, lumière resplendissante et fulgurante au jour de la résurrection…

Oui, un enfant nous est né. Non seulement il est né, mais il nous est donné. Dans ce don inestimable s’accomplit toute la puissance d’amour de Dieu pour nous et se révèle l’authentique gloire de Dieu, source de notre paix. Heureux sommes-nous d’être les artisans de cette paix que le monde ne peut pas donner ; Heureux sommes-nous d’accueillir dans la foi, l’humilité et la pauvreté la naissance de Celui que le prophète Isaïe nomme le Prince de la Paix : en lui est la route de notre propre naissance en Dieu… « aujourd’hui, dans la ville de David, nous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur », Amen, Alleluia.

Brive, église St Antoine des Franciscains,

Nuit de Noël 2019                                                     Fr. Henri NAMUR, ofm

Homélie du 22 décembre 2019 – 4e dimanche de l’Avent A – Fr. Jean Damascène

Homélie du 15 décembre 2019 – 3e dimanche de l’Avent A – Fr. Henri

Ce 3ème dimanche de l’Avent est donc celui de la joie. Les lectures sont là pour nous donner la clef de cette joie.

La première lecture, celle d’Isaïe, nous met en présence de personnes qui vivent en exil depuis quarante ans. Le prophète leur annonce qu’elles vont être libérées. Toutes ces personnes sont invités au retour au pays, y compris les aveugles, les sourds, les boiteux, les muets, c’est-à-dire tous ces gens qui étaient exclus des lieux saints en raison même de leurs infirmités qui les rendaient impurs : l’annonce de ce retour qui est pour tous, est effectivement source d’une grande joie !

Cela vaut aussi pour nous aujourd’hui. Certes, la plupart d’entre nous nous ne connaissons pas l’exil en terre étrangère mais nous connaissons bien nos exils intérieurs ; Et quand nous sommes enfermés dans nos aprioris, nos égoïsmes et notre péché, n’est-ce pas une façon d’être emprisonné ? Nous aussi nous avons besoin de revenir de nos exils et de sortir de nos prisons.

Ainsi, nous aussi nous sommes invités à partager cette joie qui naît de la libération que Dieu opère en nous. De plus, Isaïe nous précise que cette joie fait fleurir le désert. Les images parlent d’elles-mêmes. Ce désert c’est quand notre vie est aride, quand elle est sans l’eau de la Parole de Dieu et de son amour. Une chose est claire : face à toutes les difficultés que nous rencontrons inévitablement dans nos vies et dans notre foi, nous ne devons pas nous décourager : aujourd’hui Dieu nous redit sa présence à nos côtés et l’abondance de sa miséricorde. Avec lui, il n’y a pas de situation désespérée. C’est bien cette bonne nouvelle qui est source de notre joie.  Pour le coup, nous comprenons mieux pourquoi ce dimanche est appelé traditionnellement dimanche de « Gaudete », un mot latin qui signifie « joie intérieure, joie intime ». Un mot latin qui est l’exact équivalent du mot grec des évangiles par lequel l’Ange salue Marie en lui disant : « Réjouis-toi Marie car tu as trouvé grâce auprès de Dieu ». C’est vrai pour le peuple dont l’exil prend fin, c’est vrai pour Marie et c’est vrai pour nous. Il ne nous suffit que de l’accueillir cette grâce de notre libération. En présence d’un Dieu qui nous fait grâce, d’un Dieu qui agit gratuitement pour notre bien, nous ne pouvons qu’être remplis de joie.

De même qu’Isaïe vient de nous évoquer le retour du peuple d’Israël en sa terre, de même Saint Jacques nous parle d’une autre ’entrée, celle du Seigneur dans notre monde, son Incarnation à Noël et son retour à la fin des temps. Toutefois St Jacques s’empresse de nous préciser que la venue du Seigneur ce n’est pas pour tout de suite ; il nous invite à la patience. Pour mieux se faire comprendre, il nous donne l’exemple du cultivateur qui, lorsqu’il a semé, attend patiemment la récolte précoce et la récolte tardive (cela fait penser aux ouvriers de la première et de la dernière heure). Une belle façon de nous dire que ce temps de l’Avent est fait pour nous rappeler que c’est tout au long de notre vie que nous devons nous préparer à cette rencontre joyeuse et définitive avec le Seigneur.

Venons-en à l’Évangile qui, lui, attire notre attention sur Jean Baptiste. Il vient d’être incarcéré. Du fond de sa prison il est tenu au courant par ses disciples de la manière dont se déroule la mission de Jésus. Jean est troublé, il traverse comme une nuit de la foi. C’est pour cela qu’il envoie ses disciples pour poser à Jésus la question décisive concernant le Messie : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un        autre ? »

Jésus répond en énumérant les signes qui caractérisent la venue du Messie, signes qui s’accomplissent en lui : guérisons, purification des lépreux, résurrection des morts et surtout la bonne nouvelle annoncée aux petits et aux pauvres.

Dans la célébration de cette Eucharistie, demandons à l’Esprit-Saint d’ouvrir nos yeux, nos oreilles et surtout notre cœur à la présence de Jésus dans ces petits et ces pauvres de coeur. Demandons à l’Esprit-Saint la grâce de la minorité et de la pauvreté évangéliques afin d’être à notre tour porteurs de la Bonne Nouvelle du Royaume et, comme lui, d’exulter de la même joie qu’il éprouva lorsque, sous l’action de l’Esprit Saint, il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta      louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits (Lc 10, 21).

Enfin, l’Évangile se termine par l’éloge que Jésus fait de Jean Baptiste. Oui, Jean-Baptiste est le plus grand puisqu’il est celui qui se tient à la charnière de l’Ancien et du Nouveau Testament. Il est le plus grand des prophètes de l’AT, celui qui désigne l’Agneau de Dieu en qui se réalise la plénitude de toutes les promesses. Ceci étant, le plus petit dans le Royaume est plus grand que lui puisque tout baptisé participe par pur don de la grâce et de l’Esprit-Saint à la vie même de Jésus. Tout baptisé,  devient membre du Corps du Christ.  Là est certainement la source de notre joie que nous sommes appelés à partager.

Que Marie nous aide à rencontrer et servir le Seigneur dans son Eucharistie et dans le soin que nous prenons de nos frères et soeurs. C’est là qu’il attend de naître au creux de nos pauvretés pour nous remplir de sa joie. Amen.

Brive, troisième dimanche de l’Avent

Dimanche 15 décembre 2019                                 fr Henri Namur, ofm

Homélie du 8 décembre 2019 – 2e dimanche de l’Avent A – Fr. David


Homélie du 1er décembre 2019 – 1er dimanche de l’Avent A – Fr. Henri

Frères et Sœurs, même si le texte de l’évangile nous déstabilise un peu, ne craignons pas ! Malgré les apparences, Jésus ne nous menace pas. Ce n’est pas sa manière d’être envers nous. Dans sa bienveillance, il nous avertit, ce qui est différent. Il nous avertit de façon claire et ferme afin que nous ne rations pas le passage de Dieu dans chacun des jours de nos vies comme à la fin des temps. C’est pour cela qu’il nous rappelle ce qui s’est passé au temps de Noé pour nous rendre vigilants aujourd’hui comme à son retour définitif à la fin des temps.

En effet, le risque de passer à côté de Jésus est bien réel pour nous aussi. Nous risquons de ne « ne pas reconnaître le moment où Dieu nous visite ». Ce risque est d’autant plus grand que nous sommes souvent complètement absorbés par nos affaires et nos soucis, agrippés à nos propres jugements et évaluations qui ne laissent que peu de place à Dieu. Et pourtant, c’est bien Dieu qui est notre à-venir, notre Avent !

C’est précisément vers cet à-venir du Seigneur, vers son retour, que pointent les trois lectures de ce dimanche. Isaïe fait référence à une fête juive appelée fête de Souccot que l’on traduit par « Fête des Cabanes », ou « des Tentes ». C’est l’une des trois fêtes de pèlerinage au cours de laquelle le peuple rassemblé célèbre dans la joie la présence de Dieu à ses côtés lors l’Exode, c’est-à-dire lors de la sortie d’Égypte. Isaïe s’appuie sur l’image de ce pèlerinage à Jérusalem où les gens viennent de partout. S’il relate cet événement c’est pour nous faire comprendre que ce grand rassemblement en préfigure un autre bien plus important, celui du rassemblement de toutes les nations dans la paix de Dieu à la fin des temps, ce temps où, comme le dit si bien Isaïe, « nous n’apprendrons plus la guerre ».

Force est de reconnaître qu’en ce temps où nous sommes la guerre est encore bien présente dans le monde, à tel point que le Pape François nous dit que nous vivons véritablement une troisième guerre mondiale par morceaux. Mais quand le prophète Isaïe nous projette vers un avenir de paix, son message ne s’appuie pas sur la folie des hommes mais sur les promesses de Dieu. Et c’est bien cette présence du Dieu de Paix qu’en ce temps de l’Avent nous sommes invités à attendre en le remettant au centre de nos vies afin de devenir d’authentiques artisans de sa paix autour de nous.

Quant à Paul, dans la lettre aux Romains, sa façon de nous rendre attentif à la venue du Seigneur c’est de nous secouer carrément en nous disant : « Réveillez-vous ! » Ne retombez pas dans les lourdeurs et les impasses d’avant votre conversion.  « Rejetez les œuvres des ténèbres, revêtez-vous des armes de la lumière ». Rejeter…, revêtir… » c’est bien le langage de la conversion. Je rejette le péché qui m’aliène et je revêts la lumière qui me rend libre…

Donc, frères et sœurs, pas de temps à perdre, recentrons nos vies sur l’essentiel. Ne nous laissons pas submerger par nos préoccupations. Il n’est pas question de les nier puisqu’elles font partie de notre quotidien. Mais ces préoccupations, il s’agit de les mettre à leur juste place qui n’est pas au centre puisque c’est celle de Dieu, il s’agit de les « ordonner » par rapport à Dieu. Notre priorité de disciples du Christ, c’est de rester uni au Seigneur en toutes circonstances, le plaçant, lui, au centre de nos vies et de vivre en enfant de lumière.

C’est bien cet appel à la vigilance que Jésus nous lance dans l’évangile ; c’est-à-dire un appel à entrer dans cet art de veiller et d’attendre activement. Jésus nous parle de sa venue, celle du Fils de l’Homme, à la fin des temps. Les mots de Jésus ne sont pas faciles à recevoir mais, ne nous y trompons pas, c’est l’amour qui se tient derrière ces mots un peu durs. Encore une fois, cet Évangile n’a pas été écrit pour nous faire peur mais pour nous éclairer. La seule réalité qui compte, c’est la venue du Christ et il s’agit d’y être présent, d’où l’insistance de Jésus : « Tenez-vous donc prêts vous aussi ! » 

L’Avent est donc pour nous ce temps d’intense préparation à cette venue du Sauveur. Cela passe par des temps de prière. Cette prière qui nous aide à changer notre regard sur ce qui nous environne ; cette prière qui nous aide à mieux comprendre ce monde qui ne va pas si bien que ça. Ce monde que Dieu veut sauver puisque Jésus est venu pour chercher et sauver celles et ceux qui sont perdus dans leur vie personnelle, familiale ou amicale. Or, nous le savons bien, la meilleure façon de veiller, tout spécialement en ce temps de l’Avent, c’est de rester en communion constante avec notre Seigneur pour recevoir de Lui non seulement notre pain quotidien mais aussi celui de celles et ceux vers qui il nous envoie pour les nourrir en son nom…et vous aurez compris que je parle du pain de la charité de Dieu qui passe par nous !

Cette Eucharistie qui nous rassemble en ce dimanche, nous fait vivre cette veille et cette attente du Christ qui vient. La preuve ? C’est qu’après la consécration nous chantons de tout coeur « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attentons que tu viennes ».

Ensemble, et avec ferveur, demandons à la Vierge Marie, elle qui s’est faite toute attente et qui a su accueillir le moment où Dieu la visitait, de nous accompagner dans cet art d’attendre le Seigneur, d’abord dans notre vie de tous les jours, aux heures que lui seul connaît, et aussi à l’heure que nous ne connaissons pas, celle de notre mort et de son retour, Amen.

St Antoine, Brive, Premier dimanche de l’Avent,

Le 1er décembre 2019                                                        fr Henri Namur, ofm

Homélie du 24 novembre 2019 – Christ-Roi – Fr. Jean Damascène

Homélie du 17 novembre 2019 – Fr. Jean Damascène

Homélie 10 novembre 2019 – Fr. David

Homélie 3 novembre 2019 – Fr. David

Homélie – Toussaint 2019 – Fr. Jean Damascène

20 octobre 2019 – 29ème dimanche du temps ordinaire

L’extrait du livre de l’Exode et la lecture de l’Évangile de St Luc focalisent tous deux sur une seule urgence : la nécessité de la prière dans notre vie. Le livre de l’Exode nous montre, non sans un certain humour, Moïse en prière. Il a les mains tendues vers le ciel. La fatigue se faisant sentir, il ne peut plus les tenir ainsi. Qu’importe, Aaron et Hour vont soutenir ses bras. Si Moïse prie ainsi, c’est en vue d’obtenir la victoire sur ses ennemis. En transposant ce récit à notre vie d’aujourd’hui, c’est bon de savoir que c’est dans la prière seule que nous pouvons être victorieux de l’ennemi de nos vies que l’évangile nomme Satan, Père du mensonge, Diviseur. lire la suite

frère Henri

6 octobre 2019 – 27ème dimanche du temps ordinaire

frère Henri

« Ravive le don gratuit de Dieu, ce don qui est en toi… Garde le dépôt de la foi dans toute sa beauté, avec l’aide de l’Esprit Saint qui habite en nous ». « Raviver », « Garder »…S’il est un homme qui a mis en œuvre ces encouragements chaleureux de St Paul à Timothée, c’est bien St François. C’est avec enthousiasme et simplicité qu’il a ravivé ce don gratuit de la foi en vivant le Saint Évangile de Dieu et c’est dans cette même foi qu’il a gardé et vécu dans la louange et l’action de grâce le Saint Évangile de notre Seigneur. lire la suite

29 septembre 2019 – 26ème dimanche du Temps Ordinaire

frère Jean Damascène

22 septembre 2019 25ème dimanche du Temps Ordinaire

frère David

Saint-Antoine de Brive, le 15 septembre 2019

Frères et Sœurs, la grande tentation qui nous guette après avoir entendu les paraboles de la brebis perdue, de la pièce perdue et du fils perdu c’est de nous dire « ah oui, je connais bien ! » et d’en rester là. Or, le but d’une parabole, c’est de nous toucher au cœur et de nous conduire à un changement de regard et de pratique, bref, de nous conduire à la conversion. Et ça, il ne faut pas le rater ! A bien y regarder, les trois lectures disent la même chose, à savoir l’urgence d’entrer dans la miséricorde de Dieu. Alors, commençons par la première lecture, celle du livre de l’Exode.

C’est l’histoire du veau d’or. Pendant que Moïse est en présence de Dieu sur la montagne, les Hébreux se fabriquent un dieu en forme de veau, puis ils se prosternent devant lui. Alors bien-sûr, aujourd’hui nous pouvons nous pouvons penser que ce comportement est dépassé. En fait, il est bien d’actualité car, à défaut de se prosterner devant le veau d’or, nous nous prosternons devant le dieu argent, ce qui revient au même ; et nous voyons bien que cette course au profit est la cause de nombreuses et criantes inégalités et de malheurs.

Ce peuple Hébreux qui se fabrique un veau d’or est pourtant celui-là même qui vient de faire l’expérience d’un Dieu libérateur alors qu’il était esclave en Égypte. Même après cette expérience de libération mise en œuvre par Moïse sous la houlette de Dieu, ils ont vite laissé tomber le Dieu de l’Alliance pour se tourner vers des dieux qui n’ont sont pas. C’est alors, nous dit le texte, que Dieu se met en colère et menace d’exterminer son peuple infidèle. Là encore, nous savons bien qu’en réalité ce n’est pas Dieu qui punit ; c’est nous qui faisons notre malheur en nous détournant de lui. C’est tout de même une différence fondamentale !

Ce qui importe pour nous ce matin, c’est que, face à la menace qui pèse sur son peuple, Moïse se met à supplier le Seigneur. C’est cette supplication de Moïse pour son peuple que nous devons retenir. C’est un exemple qu’il nous donne. Car nous sommes trop souvent plus prompts à dénoncer les coupables, à les enfoncer ou à ne voir que le mal chez eux, plutôt que de leur venir en aide et de prier pour eux. Cela crée un climat malsain. Ce matin Dieu nous appelle à convertir nos réactions premières. Certes, nous ne sommes pas naïfs, comme Moïse, nous voyons tout ce qui va mal mais plutôt que d’en rajouter et d’enfoncer les autres, nous sommes invités, comme Moïse, à porter dans notre prière ce mal et ceux qui le commettent. C’est cette capacité à prendre souci des autres en priant pour eux et en les aidant à sortir de ce qui les emprisonne qui nous aidera progressivement à nous ajuster à Dieu qui aime tous les hommes et qui veut leur salut. En clair, nous devons lutter contre le péché mais sauver le pécheur !

Passons maintenant à l’Évangile de Luc qui ne dit pas autre chose. Il met en pleine lumière ce qui était déjà à l’œuvre dans ce récit du Premier Testament. Il met sous nos yeux ce Dieu qui n’est qu’Amour, ce Dieu qui répond au mal que nous faisons par sa seule miséricorde afin que nous devenions comme Lui des êtres qui font miséricorde. C’est émouvant de voir combien Jésus est entièrement présent à tous ces gens qui viennent l’écouter. A en juger par les réflexions des scribes et des pharisiens qui s’étonnent que Jésus aille manger chez les gens de mauvaise vie, on peut en déduire que le drame de ces scribes et pharisiens c’est que, dans leur fidélité à la tradition, ils ont confondu fidélité et raideur, oubliant ce que miséricorde veut dire. C’est donc pour eux et pour nous aujourd’hui, que Jésus raconte les trois paraboles de la miséricorde, celle de la brebis perdue, de la pièce perdue et du fils perdu.

La bonne nouvelle de ces paraboles c’est précisément que Dieu, en Jésus, est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Sa miséricorde est infiniment plus importante que tous les péchés du monde. Dieu croit à notre capacité à nous convertir. Comprenons bien : la conversion c’est un changement de direction, un véritable demi-tour. Nous avons tourné le dos à Dieu, nous revenons à lui. Lui-même nous prend par la main pour nous sortir des chemins de perdition et nous conduire vers la vraie vie. Tout ce que nous avons à faire, en fait, c’est de nous laisser faire mais, pour cela c’est à notre orgueil qu’il faut tourner le dos !

Ces trois paraboles nous disent donc l’amour démesuré de Dieu pour nous et pour le monde entier. Dieu est comme ce berger qui abandonne son troupeau pour aller à la recherche de la brebis perdue. Il sait bien qu’elle ne reviendra pas toute seule. Il est surtout comme ce père qui accueille son fils retrouvé à bras grands ouverts. Il ne pose aucune question sur les motivations de ce retour. La seule chose qui compte c’est la joie extraordinaire de retrouver son fils.

Aujourd’hui, nous sommes invités à nous associer à cette joie et à rendre grâce. Comme Moïse, nous sommes appelés à supplier le Seigneur pour notre monde, nos quartiers, nos familles. C’est bien pourquoi nous sommes dans cette église pour prendre conscience de l’amour dont nous sommes aimés, en rendre grâce et confier à Dieu tout ce qui ne va pas en commençant par nous car la véritable conversion ça commence par nous-mêmes. C’est bien ce qu’a compris St Paul qui, après avoir persécuté les chrétiens, a fait une rencontre extraordinaire qui a complètement bouleversé sa vie. Dans l’expérience du pardon qu’il a reçu il a compris que le Christ est venu dans le monde pour sauver non ceux qui étaient « conformes » mais ceux qui étaient perdus. Alors, demandons au Seigneur qu’il nous apprenne à nous regarder les uns les autres comme Dieu nous regarde afin d’être des témoins de sa miséricorde. C’est ainsi et pas autrement que nous retrouverons la splendeur première dans lesquelles nous avons été créé par pur amour… Amen !

Fr Henri Namur, ofm

Dimanche 9 septembre, 23ème dimanche ordinaire

Frère Jean Damacène

Dimanche 1er septembre 22ème dimanche du temps ordinaire

Frère Henri

Jeudi 15 août, fête de l’Assomption

Frère Carlos

Dimanche 11 août, 19ème Dimanche du temps ordinaire

Frère David

Brive, le 28 juillet 2019,
Fr Henri Namur, ofm

La première lecture, celle de la Genèse, nous montre qu’il nous faut prier sans cesse et sans nous décourager car Dieu n’est pas sourd : il entend nos appels, il prend souci de nos vies…Rien que cette simplicité du dialogue avec Dieu, c’est déjà pour nous une bonne nouvelle !
Dieu va encore plus loin. Il va au-delà de nos demandes à horizon purement humain…, Il veut notre vie pleine et heureuse, non pas selon la conception que nous avons de la plénitude et du bonheur, mais selon ce qu’il est lui, comme source de toute plénitude et bonheur. Pour Dieu, une vie pleine et heureuse, ça passe nécessairement par le pardon donné et reçu. C’est pourquoi, ayant entendu la prière d’Abraham, il accepte de pardonner aux pécheurs de toute une ville, Sodome, à cause des seuls dix justes qui pourraient s’y trouver ! Il est intéressant de noter qu’Abraham n’ose pas continuer à diminuer le nombre des justes mais que Dieu lui, en Jésus, ose ! Car, à bien y réfléchir, Jésus est effectivement le seul Juste qui, par le don de sa vie, accomplit pour nous tout l’amour du Père.
C’est en ce sens que nous pouvons dire que Jésus nous sauve. Mais, de quoi nous sauve-t-il ? Quand on dit de quelqu’un “il est sauvé”, on veut dire par là qu’il est sorti d’un grand péril de mort où il se trouvait du fait de la maladie, d’un accident, ou d’une dépression ou que sais-je encore ! Quand nous, chrétiens, nous disons que nous sommes sauvés, nous ne disons pas autre chose mais nous le disons en nous référant au péril de mort dans lequel nous met notre péché. Un péril qui provient du fait que le péché provoque en nous comme une diminution, voire une rupture dans la communication vitale que nous avons avec Dieu. Ce péril, Jésus l’a vaincu par son amour mené jusqu’au bout de sa croix, un amour qui s’est fait pardon « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! » Être sauvé c’est donc être arraché au risque d’asphyxie dans lequel nous met notre péché et retrouver le bonheur de respirer à pleins poumons l’amour de Dieu et des autres…et cela passe par le pardon reçu et donné.
L’Évangile, quant à lui, nous donne à contempler Jésus en prière ! Les disciples sont impressionnés par la façon dont Jésus prie. C’est pourquoi ils lui demandent de leur apprendre à prier. Ne pensez-vous pas que toutes nos prières devraient commencer de la même façon : “Seigneur, apprends-nous à prier car nous ne savons pas bien prier comme il faut » ?
En fait, Jésus ne fait pas un discours sur la prière mais il nous livre le secret de sa propre prière : “quand vous prier dites ‘Père’ “. Dire « Père » c’est entrer dans une relation filiale, intime et confiante. Une relation qui nous conduit à convertir nos propres prières de demande en les situant dans la perspective du Royaume de Dieu. Car ce qui importe d’abord dans la prière, c’est de demander de tout notre cœur que le Royaume de Dieu se réalise dans notre vie, dans nos relations, dans nos engagements … Ainsi, nous voyons bien que la prière n’est pas faite pour changer Dieu, mais bien pour nous changer nous-mêmes ! Car ce n’est pas Dieu qui est sourd mais nous qui le sommes trop souvent ! La prière est pour nous un véritable exercice vital auquel il importe de nous adonner quotidiennement afin de nous former, de nous conformer à la manière d’aimer de Dieu, à sa manière de voir et d’être. Bref, la prière est le meilleur moyen de notre conversion et de notre croissance dans la liberté de Dieu.
Imaginez un seul instant un pompier qui ne se soumettrait à aucun exercice d’entraînement ? Il ne serait alors pompier que de nom, et se révélerait à coups sûr complètement incompétent et inefficace dans le feu de l’action ! Ainsi en va-t-il de la prière qui, pour nous, est l’exercice qui nous familiarise avec Dieu au sens où nous devenons « quelqu’un de la famille » de Dieu, semblable à lui dans les diverses situations où nous nous trouvons. Soyons bien persuadés que c’est au creux même de notre prière d’abandon que nous serons vraiment des levains du Royaume ….
Ceci étant, il faut bien reconnaître que, parfois, nous prions comme des païens. Nous faisons de la prière une demande magique qui n’a pour but que de satisfaire nos petits intérêts. Ce qui est une façon d’annexer Dieu à nos désirs ! C’est pourquoi il est urgent de prêter attention aux mots par lesquels Jésus conclue l’évangile de ce jour : “Si vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père céleste donnera-t-il l’Esprit-Saint à ceux qui le lui demandent !” Voilà la vraie prière de demande, voilà la seule demande que nous pouvons adresser à Dieu en vérité, celle de nous donner son Esprit-Saint et de le laisser prier et agir en nous. Seul l’Esprit-Saint peut prier en nous au point de nous ouvrir à cette Espérance au-delà de toute Espérance qui vient transfigurer nos chemins et qui a pour nom Jésus-Christ. Finalement, la prière, telle que Jésus nous l’enseigne, est un compagnonnage de tous les instants avec Celui dont Jésus n’a eu de cesse d’accomplir la volonté bonne.
« Faire la volonté du Père », n’est-ce pas précisément pour cela que nous sommes rassemblés ce matin ? Rassemblés par l’Esprit-Saint autour de la table du Seigneur, afin de conformer nos vies à la sienne et permettre ainsi à sa volonté d’amour de faire son chemin en nous pour atteindre, par nous, tout homme sans distinction. Amen.



Brive le 14 juillet Frère Henri

Jésus, comme souvent dans l’évangile, répond par une parabole à la question qui lui est posée : « qui est mon prochain ? ». Comme dans la plupart des paraboles, les personnages sont anonymes : il s’agit d‘un homme’ ; d’un prêtre’ ; d’un lévite’ ; d’un Samaritain’. Le but de cet anonymat c’est de nous permettre de nous identifier librement avec l’un ou l’autre de ces personnages…

Et Jésus commence : un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tombe sur des bandits qui le dépouillent et le rouent de coups, le laissant à moitié mort.’ Il faut savoir que cette route menant de Jérusalem à Jéricho était réputée pour être un véritable coupe-gorge.

Trois personnes passent par-là : un prêtre, un lévite et un Samaritain. Le prêtre et le lévite, en raison de l’observance des règles de pureté rituelle passent à côté de cet homme sans s’arrêter. Seul, le Samaritain, qui est considéré comme hérétique en raison du reproche qui est fait aux Samaritains d’adorer Dieu sur le mont Garizim et non dans le Temple de Jérusalem, seul cet étranger méprisé est saisi de compassion et prend soin du blessé…

Par cette parabole Jésus s’adresse tout à la fois à notre intelligence, à notre foi et à notre cœur pour nous faire découvrir que nous courons un grand risque : celui de penser aimer Dieu alors que nous laissons de côté notre prochain. Ce danger est plus que d’actualité quand on pense au problème, certes difficile, de l’accueil des réfugiés. Le Samaritain, lui, ne se contente pas de regarder le mourant, il se sent impliqué au plus intime de lui-même ; c’est sa compassion qui le pousse à mettre en œuvre tout ce qui est possible pour sauver l’homme. Il n’attend pas que les pouvoirs politiques aient résolu la question. De ce point de vue on peut dire que la véritable compassion n’est pas un sentiment mais plutôt une action. Une action qui conduit à prendre soin de l’autre. La compassion c’est aussi, au sens étymologique, la Passion de Jésus pour nous…

Jésus invite donc le docteur de la Loi, et nous avec, à entrer dans la logique de la parabole, c’est-à-dire à agir comme le Samaritain en nous faisant le prochain de l’autre, quel qu’il soit. Mon prochain, c’est celui dont je me fais proche…mon frère, ma sœur en humanité.

Alors bien-sûr, on peut lire avec bénéfice cette parabole du Bon Samaritain, en voyant dans le Samaritain Jésus lui-même. Jésus qui, dans son incarnation, vient prendre soin de nous. Dans l’homme tombé aux mains des brigands on peut découvrir notre propre Humanité égarée et blessée par son péché. Les Pères de l’Église ne se sont pas privés d’une telle interprétation.

Ce récit est donc celui de la miséricorde de Dieu pour nous. Ce récit nous dit que ni la Loi, ni l’offrande des sacrifices, représentés par le docteur de la Loi et le lévite, ne peuvent sauver l’homme du péché. Cette parabole nous fait comprendre que seul le Christ prenant sur lui le péché de l’Homme par son sacrifice sur la Croix, guérit toute l’Humanité de ses plaies et de son péché. Aujourd’hui encore Dieu continue à prendre soin de nous en faisant de sa Miséricorde une hôtellerie, comme celle de Saint-Antoine, c’est-à-dire un lieu d’Église où celles et ceux qui peinent et ploient sous le fardeau trouvent le repos. Vu comme cela, l’Église est bien cet hôpital de campagne dont parle le Pape François…

Il est aussi tout à fait possible de faire une lecture allégorique de cette parabole et de voir dans l’huile utilisée par le Samaritain une référence à l’huile de l’onction pour les sacrements ; dans le vin, remède de l’époque, une référence à l’Eucharistie ; dans le temps qui s’écoule avant le retour du bon Samaritain, ce temps que nous vivons entre l’Ascension du Christ et son retour promis par lui à la fin des temps.

Pour résumer et conclure, on peut dire que la compassion du Samaritain pour l’homme blessé c’est celle du Christ qui dispense sans compter compassion et guérison. Et nous qui portons le nom de chrétien, nous sommes appelés à être comme le Samaritain de la parabole. Membres du Corps du Christ qu’est l’Église, nous sommes porteurs de son amour pour toute personne rencontrée. Beaucoup de saints ont pratiqué la miséricorde, à commencer par Saint François auprès des lépreux, ces exclus de la société.

C’est donc clair : l’amour de Dieu ne peut être séparé de l’amour du prochain. Aimer comme Dieu nous aime dans la parabole de Bon Samaritain, suppose qu’on se laisse d’abord rejoindre soi-même par l’amour de Dieu. Nous pouvons aimer comme Dieu parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier. D’où l’importance d’être ‘branché’ sur le Christ dans les épreuves comme dans les joies et je ne connais pas d’autre façon d’être branché sur le Christ que de prier, d’écouter la Parole de Dieu, de recevoir les sacrements, à commencer par l’Eucharistie, pour y puiser tout son amour et le déverser au fil des jours et de nos rencontres, Amen.

Brive, Saint-Antoine, le 14 juillet 2019,                     Fr Henri Namur, ofm